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Déchiffrez l'Opéra

Chef-d'œuvre qui révèle des non-dits d'une nouvelle élite.
Culture et faste : cortège de l'ambassadeur du Cambodge, 1906

 

Aujourd'hui le Palais Garnier est effectivement un pôle de la vie culturelle parisienne. Mais plutôt que de prendre au premier degré l'image trompetée au XIXe siècle – "Nous sommes extrêmement cultivés" – nous déchiffrons.

 

 

Lieu idéal pour distinguer entre l'image qu'on peut souhaiter projeter et ses préoccupations réelles, l'Opéra est fascinant pour son tour de force – transformer la vulgarité en grandeur.

 

 

 

  • Plutôt que de monter tout de suite les marches imposantes comme l'imperieuse Avenue de l'Opéra nous le commande presque, nous contournerons l'édifice pour découvrir ... 

 

 

Treize de ces statues se concentrent ici.

... une succession de nus,  Elles entourent une entrée discrète, dont la grille donne sur un espace vide. Au cœur du quartier le plus à la mode du XIXe siècle, ce vide est un grand luxe ...  Hum ...

"Tu viens, chéri ?"

La sensualité de ces nus les rend différents des statues de froides déesses qui ornent d'autres bâtiments officiels de l'époque. Hum ...

 

 

 

  • Ensuite nous examinerons l'entrée prinicipale ...

 

 

"Que d'or, que d'or !", critique à l'inauguration, 1874

Son opulence réflète le goût de nouveaux riches, un goût contradictoire avec la haute culture que la façade trompètte  "BEETHOVEN", "MOZART" ...

 

 

  • ... et découvrirons un décor qui coupe le souffle

 

 

Grand Escalier, 1888

 

La partie la plus étroite de l'escalier est juste assez large pour laisser passer deux crinolines. Des balcons permettent de regarder alliés ou rivaux montant les marches ou d'échanger des regards ...  Hum...

Grand Foyer ("la Nef")

 

Les salles de bal privées accueillirent 200 personnes au plus. Ici, 2000 pouvaient confortablement se croiser pendant les deux entractes d'une heure qui interrompaient les spectacles ... Hum ...

     

     

    • Au plafond du Grand Foyer, une peinture passionnée, dramatique et oubliéé – chef-d'œuvre sans héritiers

     

     

    "Eurydice retourne au pays des morts", par Paul Baudry

     

    Des fresques, la forme d'art qui impressionne le plus, couvrent le plafond entier du Grand Foyer, qui est aussi large que l'est la façade géante (50 mètres).

     

    Elles sont une expression majeure de l'art hérité des nobles – CLIQUEZ.

     

     

    • Tout au bout du Grand Foyer, un immense passage vide

     

     

    Barrage ?

     

    Il est si peu accueillant qu'il semble presque hostile. Mais un tel espace, comme  nous avons déjà constaté, coûte cher. Il joue donc un rôle. Hum ... !

    Peintures : sujet étonnant pour un édifice publique

     

    Le passage mène à ce salon. L'entrée discrète derrière la colonnade de nus aussi. Les espace vides, celui-ci et celui que les statues entourent, sont-elles une frontière ?

       

       

      • Le plafond du salon est décoré par une orgie

       

       

       

      Ebats de nymphes et de satyres (détail de la fresque circulaire)

       

      Des "abonnés", exclusivement masculins, finançaient les spectacles. Ce salon était la salle où ils dînaient en attendant la fin du second acte. Alors le corps de ballet entrait sur scène, exclusivité parisienne qui (comme si souvent) date du règne du Roi Soleil.

       

      Après cette prestation, les abonnés rencontraient les danseuses dans une salle superbe, créée spécifiquement dans ce but. Nous vous montrerons une illustration idéalisée d'époque, d'un lieu qui a contribué à la légende de l'érotisme de luxe parisien.

       

       

      • "C'est ma danseuse !"

       

       

      "Coulisses", par Dégas. Nous montrerons la série peu connue.

       

      L'expression vient des demandes de cadeaux des ballerines ...

       

      De milieux humbles, généralement illettrées, ces très jeunes femmes n'ont laissé aucun écrit. Nous ne les connaissons que par des hommes.

       

      Nous interpréterons des règles administratives de l'Opéra et la colère des abonnés quand, après une grève réussie (1911), beaucoup d'entre elles refusèrent ce "mécénat", pour proposer une vue plus objective de "l'élite des plaisirs parisiens" (Balzac).

       

       

      • L'héritage de l'Opéra et de ses danseuses

       

       

      "Rue de la Paix", par Jean Béraud (vers 1900)

       

      Les ballerines entrèrent dans la légende et les millionnaires en visite considérèrent souvent des rendez-vous avec les ballerines une partie de l'expérience de Paris. Pour encourager les somptueux cadeaux de ces étrangers ...

       

      Cela explique la concentration des grands joailliers à la Place Vendôme. Les superbes magasins de luxe rayonnent du même point. Comme le font les palaces.

       

      La conséquence stupéfiante sera une surprise.

       

       

      • Pour prolonger l'ambiance

       

       

      ° Déjeuner,  restaurants qui ont une âme 

      ° Thé ou apéritif, le piano bar d'un hotel célèbre : Les grands hôtels à quelques pas de l'Opéra font partie de la suite dramatique de notre histoire ...

      ° Dîner, ou à l'un des restaurants indiqués ci-dessus ou dans un des ravissants salons particuliers qu'un restaurant célèbre conserve. Les miroirs que des courtisanes rayaient pour vérifier l'authenticité des diamants qui leur étaient offerts sont encore là ...

       

       

       

       

      • Au alentours

       

       

      Cette visite prolonge Quartiers témoins de l'histoire, promenades qui s'arrêtent avec l'Ancienne Régime ... à la Place de la Concorde, ou fut posée la guillotine – à à quelques minutes de ce qui devint l'Opéra.  

       

       

      L'Opéra est l'épicentre du luxe de la deuxième partie du XIXe siècle. Cette visite est donc un excellent prélude à Shopping que seule Paris peut offrir,   Couture dans un quartier inattendu,  Atelier de haute couture et Soies royales.

       

       

      •Témoignage

      "J'étais impressionnée par ce que vous avez dit sur l'Opéra. Vous parliez comme si nous regardions ces abonnés, qui mangeaient et buvaient pendant les spectacles, venaient pour les danseuses et étaient indifférents à la culture. C'était le tape-à-l'œuil de l'époque vu de l'intérieure. J'espère que nous nous reverrons un jour.

      Toyoko Hagiwara (Tokyo)

       

      "J'adore la passion avec laquelle vous racontez l'histoire."

        Camilla Ferdamo (Bogota)

       

      • Nous apporterons ces images et d'autres pour illustrer la visite

       

       

      • Coûts : CLIQUEZ

      º Billet d'entrée à l'Opéra

      Paris inattendu visites guidées

       

       

      Crédits : procession : "Le Petit Journal", couverture, 11 juillet 1906 ; statue / Felix Sinpraseuth ; BD / Alex Varenne ; Opéra la nuit / Julien Debure ; Grand escalier / Archives de l'Opéra ; autres photos / Claude Abron